- Parlons Espace: Archives -

 

 

Avenue Jean Gonord
BP25855
31506 TOULOUSE cedex 5

Amis Cite Espace sur Google+ Amis Cite Espace sur Facebook

 

Un Week-end sur Mars

Vous êtes un ou une passionné des grandes découvertes spatiales et vous avez sûrement noté cette offre inattendue du groupe hollandais Mars-One qui propose pour 2025 à une poignée de volontaires triés sur le volet un voyage sans retour pour Mars. Il y aurait déjà eu 200.000 volontaires inscrits et après une première sélection il n’en resterait que 600 ou 700 en course. Que vous soyez parmi ceux-ci ou de simples spectateurs incrédules, nous allons vous présenter, comme toute bonne Agence de voyage les plaisirs et les conditions qui vous attendent pour passer un agréable Week-end sur Mars.

 

La planète qui nous accueille

A part la Terre, dont nous ne dirons jamais assez de bien, Mars est pour les humains la seule planète fréquentable du système solaire. Encore faut-il être bien préparé! Suivez notre description de Mars.

 

Situons nous.

Quand on s’éloigne du soleil pour se mettre un peu au frais, on rencontre d’abord Mercure. Trois fois plus petite que la Terre, c’est un astre calciné sans intérêt pour un week-end, aussi triste que la Lune. Notre deuxième rencontre est Vénus. Déjà plus intéressante, du moins au premier abord. Vous la connaissez puisqu’une précédente PdQ vous l’a présentée et vous a montré que cette planète jumelle de la Terre en dimensions n’est pas accueillante avec sa canicule à près de 500°. En continuant de nous éloigner du soleil, nous passons ensuite par la Terre avant d’atteindre Mars la dernière planète solide. Mars est une petite planète aride à qui l’on attribue un lointain passé plus agréable avec de l’eau et des rivières.
Au-delà, Jupiter, Saturne, Uranus... sont des géantes gazeuses dont on ne peut envisager d’aborder que certains de leurs satellites. En termes de distance, les astronomes nous ont épargné les millions de km en prenant comme unité de référence la distance de la Terre au Soleil: l’Unité Astronomique (UA). Ainsi, à partir du Soleil, les planètes sont à des distances moyennes de:
Mercure: 0,39 UA -  Vénus: 0,72 UA -  Terre: 1 UA  -  Mars: 1,52 UA et beaucoup plus loin Jupiter à 5,2 UA.

 

Quelques informations sur notre destination.

Revenons vers Mars qui est le but de notre voyage. Notre Astro-Bus est sur le point d’arriver et nous sommes invités à regarder la planète à partir d’un belvédère. Elle doit à l’oxyde de fer très répandu sur sa surface son aspect d‘énorme disque rouillé enveloppé d’une légère brume et rayé de vallées formant des stries plus clairs qu’on appelait les “canaux”. Il y a de vastes plateaux et surtout quelques énormes montagnes comme le mont Olympe avec ses 20 km d’altitude.

Il faut ensuite se préparer pour l’atterrissage et réviser les informations utiles à l’agrément de ce week-end exceptionnel. Comme indiqué, Mars est une petite planète. Son diamètre voisine la moitié de celui de la Terre et sa masse  un dixième seulement. Vous allez vous sentir légers sur Mars avec une gravité limitée à 38% de celle que vous connaissez. Il y a peu d’atmosphère, 170 fois moins que sur Terre et de plus faite de gaz carbonique sans grande trace d’oxygène. Ce qui n’empêche pas le vent qui peut soulever des nuages de poussières très désagréables. Nous sommes plus loin du Soleil et son énergie sera affaiblie par rapport à celle que nous recevons sur Terre. On en reçoit la moitié dans les bons jours et le tiers quand les circonstances ne s’y prêtent pas.

La température sur la planète va souffrir de ces caractéristiques. En moyenne, il fait -65° sur Mars, un peu Vladivostok au cœur de l’hiver. Les extrêmes restent à mesurer: on parle de -154° et d’un coup de chaleur exceptionnel à 25°. Enfin, dernière particularité peu visible, mais importante: il n’y a pas de champ magnétique sur Mars. Votre boussole ne vous servira à rien, mais ce qui est plus grave, c’est que des rayonnements ionisants venant du soleil ou de l’espace lointain ne seront pas arrêtés avant de nous atteindre.

Nous ne resterons pas assez pour s’inquiéter de l’année sur Mars et des saisons, mais autant le savoir. Pour le jour là-bas, pas de dépaysement. On l’appelle un SOL et il dure à peu près autant que sur Terre (24h + 40 mn). Pour l’année, c’est très différent puisqu’elle dure 687 jours, presque deux ans de chez nous. L’inclinaison de l’axe de rotation de Mars est de 25°, comparable à celle de la Terre. Il y a donc des saisons qui bien sûr vont être plus longues avec une différence due à l’excentricité. Dans l’hémisphère Nord, le printemps dure 200 jours et l’automne moins de 150 jours.

La base qui nous accueille est dans l’hémisphère nord.

 

L’installation et la visite.

Notre vaisseau se place sur une orbite favorable autour de la planète et les voyageurs se préparent pour la descente vers la grande Base terrienne Albert Einstein qui est internationale et abrite plusieurs centaines de résidents chargés de recherches et d’exploitation sur Mars. Chaque passager s’installe solidement dans la navette de descente et se prépare à supporter quelques g avant d’atteindre l’aire d’accueil où nous sommes attendus. Après 15 mn un peu secoués, nous sommes arrivés et déjà un sas étanche vient se fixer sur la navette. C’est légers, dans tous les sens du terme que nous arrivons dans le grand Hall où le Directeur et l’équipe de Mars-Tourism  nous reçoivent avec une collation de bienvenue avant de nous conduire dans nos cabines qui sont en fait des petites chambres équipées des derniers perfectionnements électroniques. Une heure de liberté pour contacter nos proches et annoncer que nous sommes bien arrivés.

Le sol (jour) suivant est consacré à la visite avec circuit sur la planète, découverte de quelques sites spectaculaires et présentation de plusieurs zones en exploitation pour obtenir les matières premières et les produits nécessaires à la vie des résidents. La première formalité est l’équipement en scaphandre pour supporter les conditions extrêmes qu’on vous a signalées. Cette enveloppe complète ressemble à celle des astronautes sur la Lune. Il faut assurer la respiration autonome, l’équilibre thermique du corps, une certaine protection contre les radiations et quelques fonctions de confort comme la souplesse des mouvements et même la petite enveloppe pour les besoins urgents. Passer le scaphandre est assez long, car fait étape par étape. Chaque étape accompagnée d’explications sur le fonctionnement et vérifiée pas à pas pour la sécurité des visiteurs.

Ensuite, c’est l’immersion dans l’atmosphère martienne et le départ pour la visite sur de drôles de petits véhicules ressemblant à des jeeps. On ne peut pas apprécier vraiment notre perte de poids sur Mars, mais elle est bien utile pour supporter le scaphandre. Le terrain ne nous étonne pas, il est celui que nous avons vu sur la brochure du tour-opérateur, mais ce qui est étrange c’est la luminosité incroyable que crée un soleil si petit (un tiers de moins que vu de la Terre) dans cette atmosphère ténue de gaz carbonique. Les reliefs souvent aigus nous montrent que nous sommes sur un monde ou l’érosion n’est qu’un lointain souvenir. La visite se poursuit. Nous la commentons dans l’enregistreur de notre équipement. Ce sera utile pour expliquer le film que notre casque prend automatiquement. Beaucoup sur Terre attendent le récit de cette visite!

Après cette sortie en scaphandre, nous poursuivons les visites en véhicules pressurisés plus confortables. La journée  se termine par l’observation du coucher du soleil et des teintes bleues exceptionnelles qui l’entourent. La soirée se poursuit agréablement en écoutant les anecdotes de la vie sur Mars rapportées par nos guides.

 

Le jour du départ de Mars.

Le second jour comporte moins de visites à l’extérieur mais une découverte complète le la Base Vie et de ses laboratoires. C’est une chance car dès le matin un vent violent s’est levé et la fine poussière martienne a entouré la base d’un brouillard d’où émergent parfois des tourbillons plus denses s’élevant comme des petites tornades. Les panneaux lumineux qui donnent en temps réel la météo indiquent que la température à beaucoup baissé en dessous des -20° qu’il faisait hier.
Pour compléter les explications, nous recevons sur nos mars-phones la dernière documentation sur notre voyage et même quelques encouragements discrets pour devenir résidents de la colonie terrienne sur Mars, avec la liste des agréments et des avantages.
Derniers bagages et derniers adieux. Nous reprenons la Navette vers l’Astro-Bus du retour.

 

 

Le voyage de retour

Après ce séjour assez exceptionnel sur Mars, il faut bien parler du voyage de 200 millions de km que nous avons fait pour le mériter. Comme Mars parcourt son orbite autour du soleil en deux ans et qu’il faut seulement un an à la Terre, la distance entre les deux astres varie beaucoup de 55 millions de km au plus près à 400 millions de km en éloignement maximal. Il faut donc choisir une arrivée quand la distance est la plus courte et calculer date de départ et trajectoire du voyage en conséquence.

 

La durée du voyage

Les périodes favorables de conjonction où les planètes sont les plus proches ne se retrouvent que tous les deux ans et il n’est pas possible d’en profiter pour l’aller et le retour dans notre voyage d’un “Week-end sur Mars”. Aussi, le retour sera un peu plus long.
Voyage Aller Dans l’espace, pas de ligne droite ni même de courbe du chien pour rejoindre Mars. Il faut se glisser dans les orbites des astres  et passer de celle de la Terre à celle de Mars, c’est l’orbite de transfert de Hoffman.  Quelques corrections et cela marche bien pour au bout de 180 jours  annoncer aux voyageurs l’arrivée autour de Mars.
Voyage Retour Même principe qu’à l’aller mais les planètes sont en opposition et la distance à parcourir est plus importante. Plus de parcours, plus de manœuvres et plus de dépense d’énergie. Il va falloir optimiser la trajectoire pour rester dans le budget. C’est pourquoi au retour, on nous offre une vue exceptionnelle de Vénus en passant près de la planète pour profiter d’un peu d’accélération qu’elle nous donne. Il faudra 14 mois pour rentrer. C’est un peu long, mais Mars-Tourism a tout prévu pour que ce voyage soit agréable et profitable.

 

Une coupure sabbatique d’une année martienne

Avec un peu de préparation physique et mentale, il faut prévoir une coupure de deux ans pour aller faire ce petit tour sur Mars. C’est une Année Martienne sabbatique, comme dit la publicité qui nous vante son intérêt grâce aux occupations qui nous sont proposées en plus de la découverte de la planète rouge. Le secret de ce confort tient aux découvertes médicales maintenant éprouvées qui permettent sans préjudice pour l’individu de le placer en sommeil hypothermique pendant plusieurs mois. Ainsi le voyage est partagé en cycles de trois mois comprenant 2,5 mois de sommeil en hibernation et 15 jours éveillés pour relancer les fonctions vitales.

Hibernation Le corps allongé du voyageur est porté à 32°C. Les fonctions corporelles sont ralenties. Alimentation et contrôle sont assurés par cathéter et autres liaisons au corps. Les chambres d’hibernation comportent six places réparties dans un cylindre mis en rotation pour maintenir une certaine gravité. Pendant ce séjour, le cerveau est activé selon un programme choisi par le voyageur. On recommande de profiter de ces cycles d’hibernation pour perfectionner des connaissances comme les langues, les sciences ou la musique.

Périodes d’éveil Cette quinzaine permet de retrouver une activité physique et des fonctions sociales. Elle comprend un programme sportif intense agrémenté d’occupations ludiques, de réunions amicales et de repas conviviaux. Il arrive parfois que ce soit l’occasion d’observations spatiales comme le passage d’un astéroïde ou l’approche de Vénus.
Bien que sélectionnés pour leur équilibre psychique, les voyageurs ne sont pas à l’abri de stress ou de dépression conduisant au repli sur soi-même ou à l’agressivité dans ces voyages longs et confinés. L’hibernation est la meilleure solution pour limiter ces risques très importants pour les passagers désœuvrés qui n’ont pas de fonction les occupant à bord du vaisseau spatial.

 

Toujours intéressé(e) par ce week-end?

Ainsi que vous l’avez remarqué, nous n’avons pas parlé du prix du billet. Comme le propose Mars-One, il sera payé par de généreux donateurs, par la publicité ou encore par le livre que vous écrirez en revenant sur Terre. Contentons-nous de nous imaginer partant pour ce voyage tel qu’il est sommairement décrit ci-dessus sans trop insister sur toutes les contraintes du parcours. L’espace fait rêver, mais l’espace est aussi un milieu hostile qui ne tolère la vie que dans des conditions très particulières et très rares. Voyager dans l’espace est peut-être important, mais c’est un métier à risque réservé aux professionnels.

Il y a sur terre tant de façons efficaces et agréables de travailler au développement de la recherche spatiale qu’il n’est pas indispensable d’embarquer pour Mars. Mais au cas où vous seriez encore volontaires pour le prochain départ, il était important qu’une PdQ  vous informe des étapes et des vicissitudes de votre parcours.

Alors, Bon Voyage....peut-être!!

Et surtout Bonne Année 2015.

 

 

Textes : Jack Muller - Illustrations: Internet

crédits image: http://hubblesite.org/gallery http://www.esa.int/