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Mini, Micro, Pico...
des petits satellites formateurs

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De la conception à l’exploitation, la réalisation d’un satellite est une excellente école où l’on va rencontrer toutes les étapes qui jalonnent le déroulement de ce que l’on appelle un projet qu’il soit scientifique, technique ou tout simplement un objectif à atteindre. Ce qui caractérise le spatial, c’est que les conditions sont plus sévères et les erreurs le plus souvent irrattrapables. Faire un satellite est donc très formateur, à condition de pouvoir réaliser les différentes opérations à un coût raisonnable.

 

Le programme CUBESAT

L’idée est partie en 1999 de deux universités américaines. Il s’agissait de former les étudiants aux méthodes du spatial sur un équipement de petites dimensions, léger, constitué de composants du commerce mais constituant un vrai projet spatial qui serait lancé sur une orbite basse et suivi avec des moyens légers comme ceux des radioamateurs. Pour les lancements, les cubesat sont les passagers des petits lanceurs (Dnepr, Falcon, Taurus, Véga ,..) . Le satellite de base est un cube de 10cm d’arête avec un poids voisin de 1kg, mais très vite ces limites ont évolué et 2 ou 3 cubes peuvent être assemblés (1U, 2U, 3U). A ce jour, plus de 75 cubesat ont été lancés et une trentaine est encore en activité.

 

De L’EXPRESSO au ROBUSTA

Depuis 2000, le programme Cubesat a suscité l’intérêt du CNES et des Universités françaises. En 2006, en relation avec l’ESA, le CNES a lancé EXPRESSO un appel à candidature auprès des Universités et des Grandes Ecoles pour proposer un projet de satellite Cubesat, encore appelé nanosatellite, vues ses dimensions. Trois projets ont finalement été retenus et c’est celui de l’Université Montpellier 2, le plus avancé qui a été désigné pour le vol de qualification du lanceur Véga, le 13 février 2012 avec d’autres petits satellites scientifiques.
Depuis 2007, l’équipe UM2 porteuse du projet a préparé ce nanosatellite appelé Robusta, acronyme pour Radiation On Bipolar for University Satellite Test Application, c-à-d destiné à étudier l’effet des radiations solaires et cosmiques sur les transistors bipolaires. C’est un domaine qui touche la protection des composants contre les radiations qui perturbent souvent le fonctionnement des satellites. Dans ses 900 g, le satellite comporte bien sûr l’expérience, le traitement des mesures, la télémesure à 437 Mhz, la télécommande à 146 Mhz et l’alimentation par cellules photovoltaïques. Il est conçu pour fonctionner 2 ans.

 

A L'ECOLE du SPATIAL

Ces projets qui impliquent des étudiants dans diverses unités de l’Université doit se dérouler comme un grand projet spatial. Il s’agit de concevoir et de construire chaque partie du satellite avec des spécifications qui garantissent intégrité et fonctionnement au lancement et en orbite. Une étape importante concerne la fiabilité avec les mesures et les essais qui la garantissent au mieux en plaçant les équipements dans des conditions proches de celles qu’ils rencontreront en termes de vibrations, vide, températures, impesanteur, etc… Il a fallu aussi préparer la collecte et le traitement des mesures, et dans le cas de Robusta, voir quelles conclusions en tirer pour les composants.

 

Une conclusion d’ « AMIS »

Toutes ces étapes ont été franchies avec succès et notre association a tenu à distinguer par son « PRIX DES JEUNES 2012 » le bilan pédagogique remarquable sur plusieurs années de l’équipe d’animation du projet ROBUSTA et l’excellent travail des étudiants. Même si une panne a interrompu prématurément l’exploitation des résultats, l’objectif que nous saluons a été atteint. Des dizaines d’étudiants ont découvert l’espace et ses disciplines exigeantes, c’est une bonne préparation pour leur futur métier, quel qu’il soit !

 

Textes : Jack Muller

crédits image: http://hubblesite.org/gallery http://www.esa.int/