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UN TOUR ....du côté de la NASA !

 

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Courant nov. 2011 le budget de la NASA pour l'année fiscale 2012 a été fixé à 17.800 M$. Ce budget qui garantit la suprématie américaine dans l'espace (Europe et Chine # 4.000 M$ chacune) confirme toutefois les hésitations qui marquent depuis des années la politique spatiale des USA.
Moins porteur politiquement que par le passé, le programme spatial de pointe souffre de la crise et fait souvent les frais des coupes budgétaires. Les projets de vols habités, autour de la Terre, vers la Lune ou plus loin vers Mars ou les astéroïdes, sont les plus controversés et souvent repoussés ou supprimés.
Faisons une visite rapide de ces grands programmes qui cherchent leur voie et dont les évolutions sont souvent difficiles à suivre à travers les annonces officielles.

 

Dans la banlieue de la Terre

Il faut bien remplacer les navettes pour aller jusqu'à la Station Internationale. Mais ces vols circumterrestres sont maintenant très banals et la Nasa n'a plus rien à apprendre, ni à apporter pour ce type de transports. On les retire donc de sa mission en adoptant deux solutions de remplacement . Les véhicules américains qui feront l'aller-retour vers l'ISS seront confiés à des sociétés privées et plusieurs entreprises préparent des offres (Space X, Orbital Sciences,...). Mais comme on a pris du temps pour se décider, il faudra pendant quelques années trouver un moyen de joindre la station spatiale. Les Américains se résignent au co-voiturage avec les capsules Soyouz, ce que certains ne doivent pas apprécier!
Il reste aussi à fixer l'avenir de l'ISS car la station est coûteuse à entretenir. Mais comme on l'a vu dans le passé, il est probable que les USA trouvent des solutions si les Chinois progressent dans la construction de leur propre station.

 

L'Exploration spatiale

Elle a été le programme vedette de la NASA pendant les quarante dernières années. La mission Apollo, la Navette spatiale et la Station Spatiale Internationale nous ont fait rêver et ont confirmé la maîtrise technique des USA. Début des années 2000, il est apparu que ce temps était du passé et qu'il fallait songer à de nouveaux programmes pour repousser les frontières de l’exploration humaine. D'autant que les médias, reprenant des annonces de la NASA, parlaient de Mars comme la prochaine étape facile à atteindre à partir des années 2030, après un petit passage par la Lune.

De Constellation à SLS

Présenté en 2004 comme la feuille de route de la Nasa, le programme Constellation était très ambitieux et visait à terme un retour sur la Lune pour servir de base à des missions vers un astéroïde avant un vol vers Mars. Il prévoyait un nouveau lanceur ARES pour ces opérations et une capsule ORION pouvant transporter 6 astronautes et plus souple d'exploitation que la Navette. Le lanceur Ares 5 serait le plus grand jamais réalisé avec 120m de hauteur et un diamètre de 10m. Remis en cause pour son coût (44 milliards $ ?), Constellation sera finalement abandonné sans qu'un programme de remplacement soit proposé, ce qui provoque un réel malaise à la Nasa. Fait exceptionnel, les ingénieurs, en dehors de leurs heures de travail, étudient une solution de rechange (Exploration System Architecture Study) et proposent une solution dégradée utilisant les composantes de la navette (Lanceur Direct 2.0). Finalement en 2011 est remis à l'étude un programme SLS (Space Launch System) plus modeste mais qui reste assez proche du précédent. Il n’a pas de calendrier précis sauf pour le lanceur testé avant 2020.

 

Et Mars, direz-vous?

S'il reste des projets de missions habitées vers Mars, il n'y a plus aucune date pour en fixer l’échéance et ceux qui doutent de leur intérêt sont plus nombreux. L'objectif est maintenant de collecter par des opérations automatiques des informations visant à savoir si la vie a existé sur Mars et à savoir comment y vivraient des hommes. L'environnement, la géologie et le climat sont les principales questions.

Pour ces études, vont être utilisés des satellites, des sondes et des rovers. Sondage de l'atmosphère avec le satellite MAVEN (2014) et le satellite EXOMARS TGA (2016) de l'ESA et surtout un important programme de rovers (astromobiles en français).

2012 Mars Science Laboratory - Curiosity lancé en novembre 2011 et bien connu à Toulouse. On en reparlera à la Cité de l’espace lors de son arrivée à l’été 2012

2016 Lancement conjoint NASA-ESA de 2 rovers. Le rover européen du programme Exomars et le rover américain MAX-C qui mettra notamment des roches martiennes dans des petits conteneurs stockés sur place en vue de venir les chercher pour un retour sur Terre.

2022 - 2024? Lancement d'un ensemble complexe chargé de rechercher les conteneurs de roches et de les rapporter vers la Terre dans une capsule de rentrée dans l'atmosphère (EEV).

Ces projets ambitieux de robotique permettront de préparer les moyens techniques pour des missions plus complexes emportant un jour des hommes, mais il serait très hasardeux d'avancer une date pour ce voyage.

 

Un programme scientifique... presqu'exemplaire.

Le tiers du budget de la Nasa est affecté à la science et dans tous les domaines la recherche est active et les résultats impressionnants. Qu'elle s'applique à l'Univers, au Système solaire ou à la Terre, la recherche spatiale a bouleversé notre connaissance, modifié notre vie et fait prendre conscience aux hommes que leur pouvoir leur donne des responsabilités. Deux caractéristiques des programmes scientifiques les protègent des vicissitudes budgétaires. D'une part, ils s'inscrivent dans la durée avec souvent des rendez-vous précis à respecter et d'autre part, beaucoup d'entre eux se font en coopération internationale avec des engagements formalisés entre les Etats. Plus de 60 satellites scientifiques de la Nasa ou en coopération sont en service et plusieurs lancements se feront en 2012. Citons pourtant un souci pour les astrophysiciens avec le JWST. C'est le James Webb Space Telescope, un engin de taille imposante qui observe dans l'infra-rouge avec un miroir de 6,5 m de diamètre et un pare-soleil multi couches grand comme un terrain de tennis. Il doit être le successeur de Hubble et affiner l'observation des premières galaxies après le big-bang. Il est attendu pour 2018, mais chaque année la Nasa a de la peine à réunir le financement. Il lui faut 500M$ en 2012. On devrait les lui donner, mais il faudra les grignoter sur les autres projets, ce qui ne fait pas que des heureux!

 

Conclusion

Avec un budget qui dépasse le cumul de tous les budgets spatiaux du reste du monde, la NASA conserve une avance importante dans la recherche spatiale et dans la technologie associée. D'autant que le premier budget spatial des USA est celui de la Défense et que les projets civils bénéficient de beaucoup de retombées techniques des programmes militaires. Les grands programmes ambitieux (Lune, astéroïde, Mars) restent néanmoins très controversés. La Nasa est encouragée à chercher des coopérations scientifiques pour alléger son budget. Parmi celles-ci, l'ESA est un partenaire majeur et la France entretient avec la NASA des liens de coopération et d’amitié depuis plus de 50 ans.

 

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Textes : Jack Muller

crédits image: http://hubblesite.org/gallery http://www.esa.int/