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Nasa Village

 

Nous suivons tous avec intérêt le séjour de Thomas Pesquet dans la Station Spatiale Internationale et la sortie EVA (Extra Vehicular Activity) en scaphandre  pour installer les nouvelles batteries de la station a été un succès très spectaculaire. Thomas n’est  pas le premier astronaute français, mais il sait faire partager ses émotions, son séjour et la rigueur de son travail dans l’espace. Il permet au grand public de comprendre l’importance des vols humains et surtout il suscite l’admiration et le rêve chez les plus jeunes.

Quelle belle façon de servir l’Espace !

 

EVA : travail d’équipe

La sortie du Cd Shane Kimbrough et de Thomas Pesquet avait pour but de raccorder 6 nouvelles batteries lithium-ion qui remplaceront les batteries nickel- hydrogène assez anciennes et moins performantes. Ces batteries ont été livrées par le cargo HTV-6, contribution japonaise au programme, et placée sur l’ISS en attente de raccordement par le bras manipulateur canadien Canadarm piloté de l’intérieur de la station.
C’est la capsule russe Soyouz MS-03 qui a amené Thomas et l’astronaute américaine Peggy Whitson  qui supervisera la sortie depuis l’ISS. Ces détails pour montrer que l’ISS est bien internationale.

 

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L’autre caractéristique de l’EVA est que cette sortie qui pour des raisons de sécurité se fait toujours à deux mobilise en fait une équipe de trois astronautes soutenue par les supports au sol. Plus que l’image du plongeur avec sa bouteille et ses palmes, il faut voir un véritable robot fait de 150kg de protections et de matériel dans lequel un humain s’est glissé et qu’il pilote plus ou moins aisément. Le robot doit assurer à son hôte au moins trois fonctions. Maintenir une température acceptable alors que la peau du scaphandre passera  de + 120° au soleil à -100° dans l’ombre. Constituer un cocon étanche dans lequel l’astronaute pourra respirer. Rester assez souple pour autoriser les mouvements nécessaires au déplacement et au travail.
C’est ce dernier point qui est le plus délicat à assurer. Pouvoir respirer suppose une pression d’atmosphère suffisante sans transformer la combinaison en bibendum incapable de bouger. Il faut aussi comme pour la plongée profonde éliminer l’azote du corps et augmenter la teneur en oxygène. Et surtout, on va diminuer fortement la pression qui passe à 400hP (Russe) ou 300 hP (Américain) au lieu de 1013 hP sur Terre. C’est un petit séjour sur l’Everest !

 

Longue préparation

Après les éléments de base (techniques spatiales, entrainement physique) acquis dans des centres agrées (USA ,Russie, ESA, Canada, Japon), l’Astronaute suit un entraînement d'un an et demi où lui est détaillée la station spatiale internationale (ISS) telle qu'elle existe aujourd'hui avec ses différents composants et systèmes. Enfin, quand il est retenu pour  un vol de longue durée, il est affecté à un équipage (équipage principal ou équipage de doublure) et il suit un troisième et dernier entraînement de 12 à 18 mois visant à le préparer à la mission spécifique. (Réparations de la station, assemblage des nouveaux éléments, réalisation du programme expérimental, etc.). La préparation dure de 6 à 8 ans selon les créneaux de vol disponibles.

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Pour la mission spatiale, nous avons parlé du trio lancé dans l’exécution de la mission et évoqué une équipe plus discrète qui va l’assister et veiller à sa sécurité. Comme dans toutes les activités à risque, la confiance réciproque entre tous les intervenants qui occupent des postes clés est indispensable. On peut imaginer tous les métiers et tous les travaux méticuleux qui interviennent dans la préparation et la réalisation d’une EVA comme celle de Thomas Pesquet. Dès qu’il a été retenu en début 2014 pour une mission ISS longue durée, Thomas a été préparé et entrainé pendant 2 ans ½  par des équipes spécialisées.
Cette longue préparation rapproche tous ceux qui participent, qu’ils soient astronautes ou spécialistes au sol dans les nombreux domaines du vol spatial. Une communauté se forme qui rappelle à Peggy Whitson  sa jeunesse. On peut parler de NASA VILLAGE.

 

Peggy WHITSON, astronaut

L’entraide et la solidarité, Peggy WHITSON doyenne de l’équipage à 56 ans, les a connues dans le hameau de l’Iowa où ses parents sont fermiers. Elle en a retrouvé l’esprit dans l’équipe qui prépare et mène les vols ISS où compétence, responsabilité et confiance réciproque sont les clés du succès. Pour elle le Nasa Village a un sens et elle s’efforce de le présenter sur son tumblrlog  avec en aphorisme:

It Takes a NASA Village …….to Train an Astronaut.

Etudes et travaux

Peggy WHITSON a fait des études scientifiques et a été diplômée Docteur en Biochimie en 1985. Très intéressée par l’espace, elle a débuté ses activités au Centre spatial Lyndon B. Johnson à Houston (JSC) comme chercheur enseignant. Elle a participé à plusieurs programmes de recherche importants notamment pour les vols habités. Elle s’est présentée dans la liste très longue des candidats astronautes de la NASA et c’est en 1996 qu’elle a été sélectionnée et qu’elle a commencé sa formation. Comme pour la plupart des astronautes, cette phase de formation est assez longue. Elle s’est déroulée pendant que se construisait en orbite la station internationale. C’est donc avec l’objectif ISS qu’elle a préparé sa première mission. Citons dans sa préparation en 2003 la campagne NEEMO 5. Un séjour de 2 semaines comme commandant dans un caisson sous-marin d’entrainement aménagé pour un équipage de 6 personnes.

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Missions spatiales et responsabilités

C’est en 2002 qu’elle a été retenue pour sa première mission vers l’ISS et elle figure aujourd’hui parmi les astronautes les plus chevronnés pour le séjour dans l’espace et les sorties EVA hors de la station.

Temps passé dans la station spatiale: supérieur à 570 jours à la fin de la mission en cours. 
Ce sera le record pour les astronautes américains.

Temps passé en sortie extravéhiculaire:plus de 45 heures  en 7 sorties. Parmi les premiers.
Dans le peloton de tête.

Ses missions dans la  Station spatiale internationale sont les suivantes:

2002-Expedition 5-ISS Peggy fait un séjour de 6 mois dans l’ISS et une première sortie dans l’espace.
Bonne adaptation.

2007-Expédition 16-ISS C’est une deuxième mission de 6 mois avec la responsabilité de commandant et un programme soutenu où il fallut notamment avec des moyens improvisés réparer un panneau solaire indispensable à la station. Ce fut fait et elle raconte qu’elle s’est souvenu de son père qui en fermier pragmatique  disait : «Avec un bon fil de fer et une pince, tout se répare!»
Un autre moment difficile fut en avril 2008 le retour par le Soyouz TMA-11 dont le module de propulsion se détacha mal et qui finit sa descente en chute libre infligeant plus de 8 g aux occupants.
Interrogée sur ses impressions, elle dit avec humour: «Pour reprendre l’expression des vieux pilotes, tout atterrissage dont vous sortez indemne est un bon atterrissage.»

2016-Expédition 50-51-ISS C’est celle qui est en cours et qui comprend deux étapes avec rotation d’une partie de l’équipage. Dans la première phase, Peggy intervient comme ingénieur. Elle a fait la première EVA avant celle de Thomas Pesquet. Dans la seconde phase à partir d’avril, elle devient commandant de l’équipe ISS. C’est aussi pour elle, la mission des records.

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Engagements personnels

Peggy WHITSON qui a consacré plus de 30 ans à la recherche spatiale est convaincue de son importance pour le progrès de la science et aussi pour les retombées qu’elle peut avoir dans les applications techniques et médicales sur Terre. Elle milite beaucoup par des conférences et par des actions auprès des jeunes pour faire connaitre et apprécier l’espace. Par son image de Nasa Village, elle veut présenter la diversité des carrières et tous les débouchés passionnants qu’offre la recherche spatiale.
Elle sait aussi que cette action de communication est importante pour obtenir les crédits de la Nasa dans un budget des USA sollicité par tant d’autres besoins.

 

Merci  THOMAS

Mettre en lumière l’action de Peggy Whitson pour expliquer et promouvoir l’intérêt et les métiers de la recherche spatiale donne aussi l’occasion de remercier à nouveau  Thomas Pesquet pour les efforts remarquables qu’il déploie en information et en communication vers le grand public et notamment les jeunes. La mission n’est pas terminée. Thomas nous offrira encore beaucoup de belles images de la Terre et de l’espace et très certainement nous fera vivre des évènements importants à bord de l’ISS. Les Amis seront nombreux à suivre le parcours de Thomas mais il faut leur recommander, comme on dit sur les réseaux sociaux, de ne pas oublier de «Partagerà».

Le Net est une belle vitrine, profitez-en et faites-en profiter.

 

 

Textes : Jack Muller - Illustrations: Internet

crédits image: http://hubblesite.org/gallery http://www.esa.int/