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UNE HISTOIRE D'EAU

Une nouvelle spatiale  récente ne vous aura pas échappée  car elle a été mise à la une dans les journaux, les radios et la télévision.    

« La Nasa a annoncé qu’il y avait de l’eau liquide sur Mars »

Une belle réunion a été faite pour en parler à la presse et les médias toujours friands de l’épopée martienne se sont engouffrés dans cette brèche  pour réactiver le rêve du voyage, et pourquoi pas de la colonisation, de la planète rouge. Si la nouvelle est intéressante, elle ne l’est pas plus que certaines découvertes faites par Curiosity, le robot dont nous suivons les recherches depuis  trois ans. Dans le budget 2016 de la Nasa, la recherche planétaire a été favorisée au détriment des programmes concernant la Terre. Il faut bien montrer que ce choix est pertinent. 

 

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UNE CONFIRMATION ATTENDUE

Depuis longtemps, on sait que l’eau a existé en abondance sur Mars il y a quelques milliards d’années  et certains détails de la topographie rappellent encore cette lointaine époque. La planète plus petite que la Terre a épuisé rapidement ses sources d’énergie, elle s’est refroidie progressivement. Atmosphère et eau ont pratiquement disparu de sa surface, mais de la glace peut encore subsister dans certaines parties de son sol gelé.(Pergélisol)

Sur Mars, la température moyenne est autour de (-60° C) et les beaux jours d’été dans des vallées ensoleillées, on peut atteindre (-20°). A cette dernière température, l’eau est gelée, mais si elle est chargée de sels elle forme une saumure qui peut être encore liquide. 

Des trainées noires qui se formaient sporadiquement sur certaines pentes avaient laissé imaginer ce phénomène: les mesures du spectromètre MRO du satellite martien Mars Reconnaissance Orbiter viennent  de le mettre en évidence. Il restera à le confirmer sur le terrain.

 

DE l’EAU LIQUIDE : QUELLE IMPORTANCE ?

Cette affreuse saumure, qui ne ressemble pas à l’eau même très salée de la mer Morte est une bouillie de perchlorates dans un peu d’eau. Sa grande qualité est de contenir de l’eau qui reste liquide à -20°. Or, dès que l’on a de l’eau liquide, la vie que nous connaissons peut s’y installer. Les découvertes sur Terre dans les pires environnements  de bactéries extrémophiles  viennent  renforcer cette assertion.
Alors, deux questions se posent :
            -la vie peut-elle exister dans cette saumure ? La réponse des biologistes est « très
             probablement  Non!, compte-tenu des conditions environnantes ».  Mais sait-on ?
            -pourra-t-on étudier in situ cette saumure? C’est le grand problème, car sans des précautions complexes, toute approche d’un engin terrestre est susceptible de polluer le milieu avec des souches de vie. Le comité international Cospar a sagement édicté des règles à cet égard.
  
Quel intérêt a ce buzz médiatique?  Ce n’est pas à cette source que les futurs Martionautes  (pardonnez le néologisme) puiseront leur eau, mais c’est un pas de plus pour l’étude de la vie.

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L’EAU DANS LE SYSTEME SOLAIRE

Restons dans notre système solaire mieux connu, mais il est probable que ce que nous y observons est valable pour les autres systèmes planétaires et les exoplanètes.

Présence et évolution de l’eau

L’eau qui constitue  la matière principale des comètes est très répandue dans notre système solaire, mais elle est le plus souvent sous forme de glace ou de vapeur.  Dans sa phase liquide, soumise à des conditions précises de température et de pression on ne la trouve que sur la Terre et peut-être dans des couches souterraines de certaines planètes ou satellites. Dès que l’on sort du domaine étroit d’équilibre  température-pression pour l’eau liquide, le rayonnement ultra-violet  du soleil sépare Oxygène et Hydrogène  dans la molécule d’eau H²O et l’hydrogène léger s’échappe de l’atmosphère. C’est probablement un processus de ce type qui a  éliminé l’eau de surface sur Mars, mais qui a laissé de l’eau dans les couches souterraines.

Comparons les planètes

Dans l’étude des planètes, la présence et l’historique de l’eau sont des parts importantes pour suivre leur évolution depuis la création du système solaire.
Mercure Cette petite planète proche du soleil s’est rapidement échauffée et a perdu son eau par évaporation et dissociation. C’est aujourd’hui un caillou aride qui pourrait avoir des restes de glaces dans l’ombre des pôles.
Vénus Très semblable à la Terre, Vénus a pu avoir de l’eau liquide protégée par l’effet de serre de son gaz carbonique. Mais, il n’y a pas eu d’équilibre et avec une température de 460°, toute l’eau s’est vaporisée et a été décomposée par les UV dans l’atmosphère. On ignore s’il en reste des traces dans le sous-sol.

Passons pour la Terre et Mars déjà présentées..

Les planètes gazeuses  Jupiter et  Saturne sont moins connues mais ont des masses d’eau en vapeur  et des nuages de glace. Il y a aussi beaucoup de glace dans les anneaux et sur certains satellites.
Les planètes gazeuses glacées Uranus et Neptune sont encore différentes et l’on trouve de l’eau dans leur atmosphère. Mais surtout, c’est leur composition qui est remarquable. Il y a environ 90% de glace très enrichie en carbone.
Enfin, Pluton dont on a beaucoup parlé en 2015 aurait autour d’un noyau de roches unmanteau de glace d’eau représentant plus de 50 % de sa masse.

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L'EAU ET LA VIE

Que faut-il retenir de ce grand intérêt scientifique pour la présence d’eau liquide sur Mars ou sur des satellites comme Encelade ?
Certes, l’eau liquide sera indispensable aux  visiteurs et aux colonies humaines qui iront un jour sur ces planètes. Elle permettra en outre de fabriquer le carburant des fusées et de simplifier les voyages. C’est le côté pratique et ce n’est pas le plus enrichissant !
L’eau liquide est le milieu le plus propice à la VIE  et c’est probablement dans l’eau qu’elle est apparue et qu’elle s’est développée. C’est en remontant à ce bouillon originel que l’on peut ajouter quelques informations à notre quête de révélations sur l’origine de la Vie.
Et cela n’est pas possible sur Terre car comme le disent de nombreux chercheurs : il n’y a pas une goutte d’eau sur Terre qui ne soit pas « polluée » par la vie ! 
                       

Il faut chercher ailleurs et avec d’infinies précautions.

 

 

 

Textes : Jack Muller - Illustrations: Internet

crédits image: http://hubblesite.org/gallery http://www.esa.int/