- Parlons Espace -

 

 

Avenue Jean Gonord
BP25855
31506 TOULOUSE cedex 5

Amis Cite Espace sur Google+ Amis Cite Espace sur Facebook

 

Etoiles filantes

Après les exploits de la sonde Rosetta et ses découvertes sur la comète Tchouri (67P-Tchourioumov-Guérassimenko) qui nous ont passionnés pendant de nombreux mois, nous sommes un peu plus familiers avec la composition et les caractéristiques de ces astres errants qui reviennent périodiquement boucler autour du soleil leur trajectoire elliptique très aplatie. C’est l’occasion pour eux de nous offrir un spectacle lumineux, mais aussi de perdre sous ce rayonnement intense un peu de glace et de poussières qui forment le corps des comètes. Avec le temps, ces fines particules abandonnées dessinent le parcours des comètes dans le système solaire.

La Terre sur son orbite autour du Soleil va croiser périodiquement ces nuages de particules et les très grandes vitesses relatives vont porter les poussières à incandescence pour nous offrir les étoiles filantes.

Les ciels d’été nous dévoilent ce spectacle et c’est l’occasion d’en savoir un peu plus sur ces petits bolides venus des origines du système solaire.

 

DEBRIS ET POUSSIERES

Si les étoiles filantes sont assez rares pour que nous fassions un vœu, la Terre attire dans son parcours des débris de taille variable qui se consument dans l’espace ou terminent sur terre comme météorite. Cette chute d’objets dans l’atmosphère est continue et on l’estime entre 100.000 et 150.000 tonnes chaque année.

La plupart de ces météorites passent inaperçus et l’on sait quels dégâts peuvent provoquer les plus volumineux à qui on attribue les extinctions de masse du Crétacé.

Cliquez sur les images pour les agrandir

Vitesses d’impact des étoiles filantes

La Terre rencontre ces poussières de l’espace a des vitesses considérables allant de 30 à 40km/s (Paris-Toulouse en 20 s). La compression de l’air provoque un échauffement du corps qui atteint 1600° et produit la vaporisation et l’ionisation d’un gaz incandescent. Le phénomène se passe entre 120 km et 80 km d’altitude, forme une trainée de lumière et détruit complétement la particule.

Apparition par essaim ou sporadique

Quand on les observe bien, les étoiles filantes semblent le plus souvent venir d’un même point du ciel et à certaines périodes être particulièrement nombreuses. Ce sont les essaims d’étoiles quand la Terre traverse le nuage de poussière déposé sur la trajectoire d’une comète. A noter que ce nuage peut être une trace laissée par la comète il y a plusieurs siècles.

On appelle Radiant ce point du ciel d’où semblent venir les étoiles et on le désigne par la constellation qui est derrière comme Persée (Perséides) en août et Gémeaux  (Géménides) en décembre.

Et puis, il y a bien sur des étoiles isolées (sporadiques) pour nous faire patienter en attendant les essaims.

 

ORIGINES LOINTAINES

Ces pluies d’étoiles sont des spectacles de l’été, mais qu’en est-t-il des autres mois de l’année ? Il y a des étoiles filantes toute l’année qui correspondent à de lointains passages de comètes. En décembre et janvier, on trouve les Quadrantides et les Géménides encore plus nombreuses qu’en août mais peu propices à l’observation.

Cliquez sur les images pour les agrandir

Les Perséides ou larmes de St Laurent  (10 août)

Revenons aux essaims les plus connus que l’on a le loisir d’observer au cœur de l’été par ces nuits claires où le ciel nous offre le ballet des Perséides (jusqu’à 80 par heure) ponctué aux premières heures à notre époque par le passage brillant de satellites venant de l’ouest. Selon les années, le nuage rencontré est plus ou moins dense et la pluie d’étoiles filantes peut être faible ou très fournie et la brillance variable.

Origine des Perséides

Observées de tous temps, ces étoiles filantes ont eu longtemps une origine mystérieuse et ce n’est qu’à partir du  XVIIIème siècle que les astronomes ont rattaché leur origine à des débris de comète ou d’astéroïde. Ainsi, en 1862, deux astronomes américains chasseurs de comètes Lewis SWIFT et Horace P. TUTTLE découvrent séparément la comète qui portera leurs noms 109.P/Swift-Tuttle. C’est un autre passionné d’espace, Giovanni Schiaparelli connu pour les « canaux » martiens qui fait le lien entre les Perséides et l’orbite de cette nouvelle comète.

Comète 109.P Swift-Tuttle

Cette comète qui apparait en 1862 a une période d’environ 133 ans. Elle a été revue et étudiée en 1992. Son noyau de glace et de poussières fait 26 km de diamètre. Elle a été peu visible lors de ce pssage mais elle devrait être plus brillante en 2126. (A voir !). En refaisant son histoire, on en trouve la trace 15 passages plus tôt dans les observations chinoises de l’an 188. Quant aux étoiles filantes qu’elle nous offre actuellement, c’est le nuage de poussières formé il y a plus de 1000 ans.

Cliquez sur les images pour les agrandir

 

LA NUIT DES ETOILES

Toutes les mythologies donnent une image plutôt sympathique des pluies d’étoiles filantes qui n’annonçaient aucun cataclysme. On se souviendra que même les larmes de St Laurent furent un bienfait qui éteignit le brasier sur lequel il subissait le martyr.

Aujourd’hui, les Perséides donnent à la Nuit des Etoiles tout son éclat et font une fête de cette occasion unique de mieux découvrir l’espace et de s’intéresser à ses mystères.

Profitez-en et faites un vœu !

 

 

Textes : Jack Muller - Illustrations: Internet

crédits image: http://hubblesite.org/gallery http://www.esa.int/