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L’ETOILE DES MAGES

Chaque année, au moment des Fêtes de Noël, les Amis de la Cité de l’espace qui pendant de longs mois ont suivi avec attention les dernières nouvelles de l’espace peuvent légitimement se poser la question: « Mais, quelle est donc cette étoile que les Mages virent à l’Orient et qui les conduisit à Bethléem? » 
C’est une bonne occasion pour que pendant la trêve des confiseurs, notre Page se penche sur un mystère que deux mille ans de recherche spatiale ne semblent  pas avoir encore élucidé.

Alors, cette étoile, d’où venait-elle ?

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RETOUR AUX TEXTES D’EPOQUE 

Un seul texte ancien parle clairement de mages et d’étoile au moment de la naissance de Jésus. On le trouve dans le Nouveau Testament de la Bible et uniquement dans l’évangile de Matthieu (1,2). rappelé brièvement ci-après: « Voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus pour l’adorer. » puis ensuite « L’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus de Béthléem elle s’arrêta »
Cette annonce très brève demande des explications pour la situer dans le contexte de l’époque avant de voir comment elle a évolué vers la fête actuelle, à la fois religieuse et populaire.

Ils viennent d’Orient. Combien sont-ils ?
Au premier siècle, les mages étaient des savants et des prêtres qui étaient réputés pour la divination et l’astrologie qu’ils pratiquaient  pour les rois et les souverains. Le terme a d’abord été utilisé pour des prêtres  mèdes de la religion zoroastrienne qui officiaient au  centre de l’Iran, puis il a été attribué à des savants d’autres origines interrogeant les astres.   Combien de mages vinrent voir Hérode ? Voilà une autre question sans réponse dans la Bible. Ils sont plusieurs et le roi leur manifeste un grand respect. Ces mages représentent la science et la sagesse, leur nombre et le lieu où a débuté leur marche vers l’ouest qui les a conduit à Jérusalem ont peu d’importance.

Matthieu ignorait-il leurs noms ?
La venue des mages représente le symbole de la primauté du religieux sur la science et dans le même esprit que pour leur  nombre, des noms n’apporteraient rien. L’évangile selon Matthieu date des années 80 et l’intérêt direct pour les mages n’apparait que bien après  ainsi que les exégèses sur le nombre des mages et sur leurs noms.

 

EFFACER  LES  FÊTES PAÏENNES

Les Romains comme les civilisations nordiques selon une longue tradition fêtaient la lumière et le soleil au moment où les jours commencent à rallonger. C’étaient les Saturnales autour du 20 décembre pour honorer le dieu de la terre et des cultures, puis un peu plus tard en janvier le dieu à deux têtes Janus  qui regardait vers l’avenir avec un œil sur le passé. Pour effacer ces fêtes païennes, le 25 décembre fut choisi pour  fêter la nativité  chrétienne et l’imagination populaire meubla l’évènement de tous les accessoires symboliques que nous connaissons.

Les symboles populaires

Si l’Eglise chrétienne encouragea  diverses coutumes  telles la crèche et les chants de noël, certaines furent conservées des traditions païennes  comme le sapin et le gui de l’An neuf. Enfin, cette période de festivités propices au commerce engendra ses propres traditions alimentaires et culturelles. L’exemple le plus marquant est le Père noël moderne dont les couleurs rouge et blanche font depuis un siècle une discrète publicité pour Coca-cola !

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Les Rois Mages

Nos mages, si discrets  chez Matthieu, ne pouvaient pas manquer la fête et petit à petit, la tradition leur a forgé une histoire pour qu’ils aient une place honorable dans ces jours de réjouissance.

Etait-ce  des rois ?
Tertullien un écrivain  et père de l’église du 3ème siècle, impressionné par l’accueil d’Hérode et les références bibliques en a fait des « presque » rois : l’expression est restée. Tant mieux pour la galette, la fève et l’éphémère couronne dorée.

Qu’apportaient-ils ? 
Trois présents peu utiles pour un nouveau-né, mais riches  de symboles religieux. 
L’or est l’hommage des rois, l’encens est celui des prêtres alors que la myrrhe, baume curatif,  représente les hommes. Cette interprétation simple fut ensuite largement complétée par d’autres symboles. Ces offrandes sont à l’origine des cadeaux de Noël.

Etaient-ils trois ?
La Bible ne le dit pas. Comme il y n’avait que trois présents symboliques, l’hypothèse paraissait justifiée.  Trois comme l’Arabie, la Perse et l’Inde, le monde civilisé d’alors saluant cette naissance, élargi plus tard  à l’Europe, l’Afrique et l’Asie, le monde connu du Moyen Age. 

D’où viennent leurs noms ? 
Jusqu’au 4ème siècle, le solstice d’hiver et le retour du soleil étaient encore fêtée par des réjouissances païennes et les mages de la Bible n’intéressaient que les théologiens. 
Quelques textes mentionnent toutefois Bithisarea, Melichior et Gathaspa  sans beaucoup de détail sur leur origine. Il faut attendre le 10éme siècle pour que l’histoire des mages commence à s’étoffer. Les noms proviennent probablement de récits de tradition orientale, repris et modifiés selon les langues pour devenir Balthasar, Melchior et Gaspar  en grec.

 

SUR LA ROUTE DES MAGES

Si le court récit de la Bible a largement été embelli par la tradition populaire, l’origine et le parcours de l’étoile sont restés sans explication scientifique. Ce n’est que récemment que les progrès de l’informatique  ont permis de faire un retour vers le passé pour observer le ciel au voisinage de l’An 0.
Aucun phénomène exceptionnel n’est apparu et nous en sommes toujours aux hypothèses.

Comète de Halley 
Cette comète maintenant bien connue qui repasse tous les 75 ans et qui a jalonné quelques évènements historiques aurait été  un bon candidat pour diriger les Rois vers la crèche.  Mais, pas de chance son dernier passage datait d’au moins 12 ans avant l’An 0. Trop loin car l’erreur admise sur la naissance du Christ n’excède pas 5 ou 6 ans  avant le début du calendrier  chrétien.

Autre comète
Hypothèse à ne pas écarter car certaines comètes peuvent avoir un passage très brillant. Les Chinois, meilleurs astronomes de l’époque en signalent deux en l’an (-5) puis en l’an (-4). Mais, les mages habitués à l’observation du ciel  auraient –ils vu là un phénomène exceptionnel ?

Explosion d’une supernova
Ce phénomène est rare mais extrêmement lumineux. L’étoile en fin de vie brille jusqu’à 100.000 fois plus que d’ordinaire. L’intensité diminue très vite pour atteindre l’extinction en quelques semaines.  Bien que les Chinois, encore eux, en signale une en mars-avril de l’An (-5), ce phénomène  fixe dans le ciel ne répond guère au parcours de l’étoile observée par les mages.

 

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Conjonction de planètes et d’étoile.
Devant ces réponses  si peu satisfaisantes, les recherches se sont tournées vers les planètes et les situations exceptionnelles qui sont les conjonctions de ces astres. Les planètes du système solaire ont leurs orbites pratiquement dans un même plan, l’écliptique.  Vues de la Terre, il leur arrive donc de paraitre très proches et même confondues, ce qui augmente la luminosité de l’ensemble  et attire l’attention des observateurs. Or, entre l’an 7 et l’an 6 avant notre ère, Jupiter et Saturne apparurent comme très voisines  dans la constellation des Poissons. Le phénomène s’amplifia même  un soir de février An (-6)  car l’amas fut complété par le passage de Mars et la présence  d’un fin croissant de lune. Certains ajoutent même que l’étoile Regulus a pu renforcer ce point étrangement lumineux.
Est-ce ce qui a alerté les mages ou faut-il chercher d’autres conjonctions notamment entre Jupiter et Vénus comme pensent certains ?

 

L’ETOILE MYSTERIEUSE 

Il est naturel que cette étoile ait intrigué les curieux depuis des siècles et on compterait plus de 150 propositions de solutions faites par des écrivains, des philosophes et des scientifiques. L’informatique donnait aux recherches récentes un peu d’espoir en nous dévoilant le ciel autour de l’An 0. Certes, les conjonctions de planètes ont ajouté une piste qui est intéressante sans être convaincante. Il nous faut laisser de côté notre incorrigible rationalisme et accueillir  sereinement cette étoile  mystérieuse  lourde de symboles que nos télescopes n’ont pas su détecter.   La fête n’en sera que plus belle.

Joyeux Noël !!.    

 

 

Textes : Jack Muller - Illustrations: Internet

crédits image: http://hubblesite.org/gallery http://www.esa.int/