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Cinquante ans

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Le 19 décembre, l’Espace français va fêter ses 50 ans d’existence officielle. En réalité, il ne faut pas oublier que dès 1948 des études sont menées à Vernon sur les premières fusées Véronique pour des applications médicales et scientifiques et que le rat « Hector » fit son voyage spatial dès février 1961. Néanmoins, il était important d’affirmer la volonté du pays d’être présent dans cette recherche derrière l’URSS et les Etats-Unis. Ce fut la création du CNES, un Etablissement public de réflexion, d’animation et de coordination s’appuyant sur une industrie nationale à développer et sur des laboratoires à spécialiser « espace ».
Comme l’a fait remarquer le Président de la République lors de sa visite à Toulouse, la mission a parfaitement été remplie, tant par le CNES que par l’industrie et la recherche. L’industrie peut être fière de son rang mondial, les scientifiques sont appréciés au plan international et les utilisateurs ont toute raison d’être satisfaits des applications.

 


Nicolas Sarkozy au CNES le 22 novembre par CNES

 

Au fil du temps

Cette période ne s’est pas écoulée comme un long fleuve tranquille. Il y a eu des succès mais aussi des doutes et quelques déboires souvent liés aux vicissitudes politiques. Faisons un retour sur le passé avant de tourner la page.

 

Les bâtisseurs

Il existait des bases pour les lanceurs et des équipes qui ne demandaient qu’à recevoir un objectif et être soutenus financièrement. Par contre, du côté des satellites et des stations au sol indispensables, tout était à créer. Pendant cette période qui a duré une douzaine d’année, les bases de l’espace français ont été établies. C’est l’époque des lanceurs Diamant, de la première génération de satellites (FR1, D1, D2, D5, Eole,…) et de la création des grands centres techniques comme celui de Toulouse (CST) et celui de Kourou(CSG). Les entreprises françaises se lancent et établissent les fondements de l’industrie spatiale européenne (Aérospatiale, Matra, Thomson-CSF, Dassault, SEP, …). Elles organisent les premiers consortiums de coopération (RFA, R-U, Italie, Espagne, etc..). L’Europe spatiale des Etats n’a pas encore trouvé sa voie et les déboires du lanceur Europa ne l’y aident pas.

 

Le creux de la vague

L’impact des mouvements sociaux de 1968 et du choc pétrolier sur le budget spatial vont coïncider avec l’émergence de l’Europe spatiale qui aboutira en 1975 à la création de l’Agence spatiale européenne. Certains projets sont supprimés, d’autres tardent à démarrer ou sont cédés à l’ESA. Cette période creuse va durer dix ans. De 71 à 80 pour les lanceurs (entre Europa et Ariane) et de 74 à 84 pour les satellites (de Symphonie à Télécom1). C’est aussi une période de mutation et de réflexion, consacrée à des études marquées par l’exigence et le réalisme (études Ariane, Spot, Télécom, Argos,…).

 

La cour des grands

Les années 80 vont modifier l’image de l’espace pour l’opinion publique qui découvre « l’espace utile » pour les télécommunications, la météorologie, la photo satellite,…Heureuses de disposer d’Ariane, la France et l’Europe ne veulent pas laisser le monopole aux USA et réalisent bientôt des familles de satellites performants et compétitifs. Les noms de programmes ont marqué cette époque : Télécom, Spot, OTS, ECS , Météosat, ERS, etc… et ont confirmé que les industriels européens et notamment français pouvaient rivaliser avec la production américaine. Malgré des tentations euphoriques comme Hermes, cette relance des programmes spatiaux porte ses fruits, mais elle va connaitre un nouveau coup de frein à la fin de la guerre froide dans le début des années 90. Les agences se posent des questions. Heureusement, l'espace commercial est devenu une réalité et l’industrie reste très compétitive sur le marché international. Cette passe difficile qui touche toutes les agences spatiales va finalement être surmontée et le développement reprendra rapidement.

 

Le régime de croisière

Comme tout nouveau secteur d'activité, l’espace après les essais turbulents des applications possibles a atteint sa maturité vers la fin du siècle dernier. Le partage des responsabilités entre l’Europe, les Agences nationales et la branche commerciale (industrie et exploitation) a trouvé son équilibre et une coopération efficace s’est établie. Le résultat est que l’Europe et notamment la France gardent malgré la crise et la concurrence une des premières places dans les activités spatiales. Lanceurs, satellites, laboratoires, systèmes d’exploitation sont les moteurs d’une dynamique qui a depuis 50 ans été entretenue par des équipes compétentes et passionnées.

 

Et l’espace, demain ?

En 50 ans, l’Espace français a dû relever avec succès deux défis.

Le premier a été de convaincre les politiques, les Administrations et l’opinion publique de l’importance et du sérieux de l’Espace. A la fois dans la société et l’économie, mais aussi pour l’indépendance nationale. Cet objectif a été atteint car la France est le seul pays d’Europe où l’espace génère autant de rêves dans le public et en reçoit autant de soutien.

Le second défi était de créer une communauté spatiale de haut niveau avec des scientifiques, des managers, des industriels et des opérationnels. Si on se base sur la reconnaissance internationale et le bilan économique, on doit saluer le succès de cette mission. Et aussi féliciter les quelques 30.000 agents du spatial et leurs prédécesseurs.

Puisqu’un anniversaire s’accompagne de vœux, faisons pour les 50 ans à venir celui d’un programme spatial brillant qui reste synonyme d’Exigence, d’Excellence et d’Efficacité !

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Textes : Jack Muller

crédits image: http://hubblesite.org/gallery http://www.esa.int/