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573.678 asteroïdes

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Dès 1610, les premières lunettes astronomiques ouvrent la voie à l’étude approfondie du système solaire et permettent les nombreuses découvertes de Galilée. Les orbites des planètes autour du soleil se précisent et dès 1700, J. Gregory, mathématicien ami de Newton, peut donner leurs distances du soleil. Soit : 4,7,10,15,52,95,…en 1/10 U.A. ( Unité astronomique= distance Terre-soleil.).
Un peu plus tard (1770), les astronomes Johan Titius puis Johan Bode proposent une expression mathématique calculant approximativement cette distance en U.A.

D n ( UA) = 0,4 + 0,3 x 2n-1 avec Mercure = 0,4 et ensuite Vénus= 0,7 pour n=1, Terre=1 pour n=2, Mars=1,6 pour n=3, Jupiter= 5,2 pour n=5, etc….

Cette « loi » de Titius-Bode signale une absence dans la série, car pour n=4 entre Mars et Jupiter on n’a pas trouvé de planète et bien sûr, tous les astronomes de l’époque vont la chercher.

 

De découverte en découvertes

L’astronome sicilien Giuseppe Piazzi découvre en 1801 un objet de faibles dimensions qui se déplace comme une planète. Il l’appelle Cérès, déesse du renouveau et protectrice de la Sicile. Entre Mars et Jupiter, elle semblait remplir le trou de la cinquième planète. Mais très vite, d’autres objets sont identifiés autour de cette orbite : Pallas, Junon, Vesta et plus tard Astrée. Si le terme de planète naine a été souvent retenu pour les objets sphériques, on a préféré Astéroïde pour ceux dont les formes évoquent pour nous un « patatoïde ».
Les découvertes se multiplièrent. En 1890, on connaissait plus de 100 astéroïdes et en 1990, plus de 10.000 avec des orbites précises. Il apparut très vite qu’un grand nombre d’astéroïdes évoluaient entre Mars et Jupiter dans la zone où l’on attendait une 5ème planète, constituant ce qu’on appelle la Ceinture principale d’astéroïdes. Diverses théories ont été avancées pour expliquer cette concentration d’objets comme l’explosion d’une planète ou une création avortée sous l’influence de Jupiter, mais la masse de tous ces astéroïdes reste trop faible pour former une planète.

 

En regardant de plus près…

Les progrès apportés par les télescopes spatiaux (Hubble) et terrestres ont permis récemment de découvrir un grand nombre d’autres astéroïdes. Au-delà de Neptune à plus de 35 fois la distance Terre –Soleil une concentration d’objets spatiaux comparables en taille à Pluton a été repérée. C’est une deuxième ceinture d’astéroïdes et planètes naines dite Ceinture de Kuiper. Ces objets qui semblent très nombreux contiennent plus d’eau et moins de roche que dans la ceinture principale. C’est aussi semble-t-il l’origine de la plupart des comètes. Cette multiplication des astéroïdes a conduit les scientifiques à organiser leur recherche et leur gestion. On en trouve chaque jour de nouveaux et des noms mythologiques ou poétiques leur sont attribués. On les a aussi classés en familles. On peut citer les Atens, les Amors et les Apollos qui voisinent l’orbite de la Terre ou les Troyens, placés aux points de Lagrange de Jupiter, de Mars et même de la Terre. Plusieurs laboratoires se sont spécialisés dans la chasse aux astéroïdes comme LINEAR, NEAT, LONEOS et Spacewatch à l’aide de caméras CCD couplées aux télescopes, puis d’un traitement par ordinateurs. Le fichier général est géré par le Minor Planet Center .
La chasse est fructueuses puisque plus de 500.000 ont déjà été détectés.

 

La revanche des débris.

Longtemps les astéroïdes ont été considérés comme des débris sans grand intérêt de la formation du système solaire et des planètes. Mieux connus, ils ont intéressé les astrophysiciens car ils sont les vestiges inchangés des premiers âges de notre système solaire et peuvent fournir beaucoup d’informations sur la formation des planètes. Plusieurs projets spatiaux sont consacrés aux astéroïdes pour étudier leur composition. On peut citer les projets NEAR (1996) et DAWN (2007) de la NASA, la mission ROSETTA (2004) de l’ESA et la sonde japonaise HAYABUSA ( 2003) qui aurait rapporté quelques grammes de matière de l’astéroïde Itokawa. Beaucoup de photos ont rendu familier le paysage rocailleux et aride des astéroïdes approchés.

Cette redécouverte des astéroïdes a soulevé une autre question renforcée par les effets mieux connus de lointains impacts de ces géocroiseurs sur la Terre. On connait maintenant plusieurs centaines de corps célestes qui coupent la trajectoire de la Terre et pourraient un jour la percuter. La probabilité à l’échelle humaine est très faible, mais les Agences spatiales ont renforcé la surveillance de ces objets dangereux et même comme l’ESA, étudié des programmes pour provoquer le détournement de l’astéroïde afin d’éviter l’impact.

Ces micro planètes longtemps méprisées ont maintenant leur revanche. Et le projet annoncé par le Président Obama de se poser sur l’une d’elle à défaut d’aller sur Mars ravirait certainement Saint Exupéry dont on fête cette année les 70 ans de l’édition du Petit Prince.

 

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Textes : Jack Muller

crédits image: http://hubblesite.org/gallery http://www.esa.int/